La démocratie face à la condition posthumaine - La réponse transhumaniste à l’énigme de l’humanité des hommes, Soutenance de thèse de Guillaume Fauvel

soutenance de thèse

Lieu : Faculté de droit et de science politique, 9 rue Jean Macé, Rennes

Rapporteurs avant soutenance :

Patrick Troude-Chastenet, Professeur à l’Université de Bordeaux
Jean-Michel Besnier, Professeur Émérite de l’Université Paris-Sorbonne

Composition du Jury :

Examinateurs :
 Patrick Troude-Chastenet, Professeur à l’Université de Bordeaux    
Jean-Michel Besnier, Professeur Émérite de l’Université Paris-Sorbonne
Agnès Louis, Maître de conférences à l’Université du Littoral de la Côte d’Opale
Sébastien Caré, Maître de conférences à l’Université de Rennes 1

Directeur de thèse :    Frédéric Lambert, Professeur à l’Université de Rennes 1

Résumé

Le transhumanisme promeut un modèle d’humanité intégralement soumis à la seule puissance technoscientifique qui se trouve elle-même orientée par l’idéologie néolibérale. La figure de « l’homme augmenté ou « posthumain » se constitue sur la réduction de l’humain à ce qui dans sa condition est le plus « gouvernable », le plus docile, le plus facile à diriger et à adapter aux besoins d’efficacité et de performativité économique. Le transhumanisme devient ainsi le support de création et de conditionnement d’une nouvelle subjectivité disposée à se laisser conduire selon les exigences d’une société de marché.  Le « posthumain » permettrait d’atteindre l’objectif ultime d’une dépolitisation totale des individus et de la société au profit d’une économisation intégrale des individus et de la société. Prise dans cette sotériologie transhumaniste, l’humanité des hommes n’apparaît plus comme une énigme  (aínigma), comme ce que les hommes peuvent “laisser entendre de leur humanité” quand ils sont libres d’en questionner perpétuellement le sens qui renvoie à une Idée indéfinissable et donc essentiellement énigmatique [Robert Legros].

Lorsque l’énigme de l’humanité des hommes fait signe vers la condition politique [Hannah Arendt], elle constitue le moteur d’une démocratie toujours à venir [Jacques Derrida], invitant les hommes à s’approprier librement l’agir politique comme instrument de problématisation du sens de l’humain. Problématisation éminemment politique qui permet aux individus de refuser toute forme de normalisation aliénante de leur existence.

En mobilisant les outils de la Théorie critique, de la philosophie politique, des théories de la démocratie et de l’histoire des idées politiques, l’enjeu de cette thèse réside dans l’analyse du mouvement transhumaniste à l’aune d’une domination de l’idéologie néolibérale qui dissimule le fait que l’utopie d’une posthumanité n’est que l’illusion idéologique d’une démocratie qui aura définitivement épuisé son énergie utopique en même temps qu’elle aura cessé de maintenir l’énigme de l’humanité des hommes comme la source politique d’une émancipation véritable.